La bave de Sékou, la mort des gendarmes

Publié le par Emilie Hanrot

Maîtresse, il y a Sékou qui te bave dessus.

Je sais Castille. Je la sens la bave qui coule sur mon poignet, entre mes bracelets, le long de mes doigts. Mais je choisis de ne me pas m’essuyer et de laisser la bave couler le long de mes dits doigts. Parce qu’il est sur mes genoux, parce qu’il est sage. Parce qu’il y a bien une douzaine de mes élèves qui sont concentrés sur l’exercice de relaxation que je leur propose après la gym.

Pour les calmer, me calmer. La matinée a été épique. ASEM en RTT, récré annulée à cause de la pluie, élèves fatigués, survoltés, cris, pleurs. Il a pris mon feutre ! T’as dit que t’allais me prendre en photo ! Maîtresse ce travail il est trop dur, je veux pas le faire. Spiderman il fait comme ça ! C’est mon tour de jouer au sable ! Il veut pas laisser sa place, il m’a mis du sable dans les yeux ! Sékou il a arraché les plantations ! Gabin il a des gendarmes morts tués dans sa poche ! J’en passe et des meilleures.

Et puis merde les enfants, quand j’ai expliqué en début d’année que vous pouviez mettre la main sur mon épaule pour me signaler que vous aviez besoin de moi au lieu de hurler, ça sous-entendait que si je suis debout et que vous n’arrivez pas à l’atteindre, le bras ça marche aussi ! Pas la peine de sauter pour dunker sur mon épaule Sybille. Et EVIDEMMENT Betty, si vous avez les mains couvertes de peinture acrylique, vous ne me touchez pas du tout !

Donc bref, je sais Castille que Sékou me bave dessus, mais parfois vois-tu, on en arrive à s’oublier dans ce métier, histoire de pouvoir enseigner deux minutes d’affilée.

 

 

 

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