T'es de service?

Publié le par Emilie Hanrot

Immanquablement, à un moment de l’année, je vis cet instant terrible où ma matinée bascule.

Le cauchemar.

Je pénètre en salle des maîtres d’un pas détendu, soulagée de pouvoir me poser cinq minutes. Délestée pour une fois du déplaisant « service de récréation », je fantasme sur un breuvage chaud, je me délecte à l’idée que je n’aurai ni froid ni conflit à résoudre. (Il a tiré ma capuche ! Elle m’a craché !  Nasser a perché le ballon ! Lydie elle a dit c’est plus ma copine ! C’est lui qui a commencé ! Elle est où maman ?)

Convaincue que je mérite cette pause, je jubile. J’ai même prévu un petit passage aux toilettes. Le soulagement. Le bonheur est total, mais de courte durée. Rompu par une petite question de rien du tout, posée l’air de rien par une collègue bienveillante.

- Emilie, c'est toi qui es de service?

Toutes mes certitudes s’effondrent aussitôt.

- Heu, non je ne crois pas (mais j’espère encore). On est quel jour ?

- Jeudi.

- C’est pas vrai! Attends, t’as raison, je crois que c'est moi. Un coup d’œil au tableau de liège. Le verdict tombe. Adieu, veau, vache, cochon, couvée. Heu… Eau chaude, repos, pipi, farniente…

Perrette est bonne pour surveiller la récré.

 

 

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